Construction de ma Telecaster
chez un "Luthier pro"

Mon projet :

• Corps : Mango (proposé par le luthier qui l'avait de stock) ondé massif ( plutôt que le traditionnel frêne que j'avais demandé ).
• Manche : érable avec touche palissandre
• Finition : Sunburst
• Micro :
  - en manche : Benedetti Blues (double splitable)
  - en chevalet : Benedetti Telecaster
(simple)le

 

Article/Interview de Teewoof (cliquez sur le lien)


Le 29 janvier 2005

Premiere séance : pour aider à visualiser l'environnement de travail, je vais vous planter le décor.
Lorsqu'on entre à l'Atelier de Lutherie, on commence par traverser le “showroom”, où sont exposés quelques modèles finis qui donne une bonne impression de l'étendue des connaissances du patron. Ensuite, une porte vous amène dans ce qui ressemble à une menuiserie du début du siècle : Planches brutes posées anarchiquement ici et là! Bien sûr, on marche dans la sciure! Il faut dire que c’est là que sont coupées grossièrement les planches venant des quatre coins du monde! Et c’est pas du matos de rigolo! Une scie à bande de 600kg et une dégauchisseuse tout aussi lourde! En gros, c’est la pièce où le néophyte se bouffe des copeaux ou se coupe un doigt, voir le bras! Ensuite on monte l’escalier...de bois...jusqu’à l’atelier proprement dit! Juste devant la porte, des planches de différentes tailles et couleurs ici et là, encore plus qu’en bas! Une fois la porte franchie, ce qui surprend tout de suite c’est : “comment a-t-on pu entasser autant d’outils dans si peu d’espace!” Polisseuse, petite scie à bande, établi, machine à cintrer (pour les acoustiques), et une multitude d’outils à main! Sans oublier les instruments en cours, acoustiques ou électriques! Les corps et les manches entassé pelle-mêle ou il y avait de la place! Mais où fait-il ses vernis? Si les vernis se font là dedans les journées il les finit en chantant des chansons paillardes!? En fait, une porte donne sur une petite salle faite spécifiquement pour les couleurs et les vernis, avec système de ventilation efficace pour ne nuire ni à sa santé ni celle des voisins!


La planche brute de Mango pour le corp. Le truc bleu, c'est le gabarit en PVC qui servira à déterminer la forme par après.

 


La planche a été dcoupée au format. Ensuite, on l'a coupe en 2 pour la recoller dans un autre sens (histoire de contredire les veines du bois) pour lui permettre une meilleure rigidité. (les 2 parties collées maintenues par les serre-joints jusqu'à la prochaine séance.

 


Cette petite machine de torture sert à marquer à la scie l'endroit des frettes sur la touche du manche...html

 


Voici la touche prête à recevoir les frettes. A côté le manche grossièrement découpé (d'avance) en érable et son Truss-rod!

 

Le 12 février 2005

Seconde séance : après avoir désincarcéré le corps de la guitare se ses serre-joints, découpe grossière du contour à la scie à ruban. On quitte l'abstraction pour se rapprocher du concret.


Pas très net, mais on va y remédier.

 


Alors là, je suis content! J'ai bouffé du copeau. Un papier abrasif en cylindre est monté sur une défonceuse (adulte). On a vissé le gabarit PVC sur la face corps! De cette manière, il suffisait de promener la pièce de bois contre l'arrêt métallique (que l'on voit sous la défonceuse) pour réduire l'excédent de bois au contour du gabarit. Après 2 passages ponçant 1cm de haut à la fois, on a retourné la bête et retiré le gabarit.
La rainure a servi alors de gabarit à suivre. On a placé une fraise pour égaliser les 3,5 cm qu'il restait.

 


Le corps est à mesure. Début des défonces...à la défonceuse! Pareil que plus haut : le gabarit a servi de guide. Un jeu d'enfant : 34mm pour la défonce qui accueillera l'électronique et 25mm celle réservée au micro chevalet.
Pour le manche petit ponçage du talon et des extrémités de la touche...et puis, on colle! La touche est positionnée à la colle blanche et de manière à ce que l'encoche de la 22 ème frette soit alignée sur l'extrémité du manche.

 

Le 24 février 2005

Troisième séance : zut mes photos sont encore plus floues que d'habitude!!!

Suite des défonces et puis ponçage, ponçage, ponçage! A la ponçeuse et puis à la cale à poncer. Petit renfoncement à l'arrière pour le bide. Et pour finir, adoucissement des arêtes du corps!

Le manche : rabotage de l'excédent de touche au ciseaux à bois. Diminution de l'épaisseur de la tête à 15mm. Et enfin placement des repères sur la tranche du manche.

 

Le 12 mars 2005

Quatrième séance : là, on sent que ça bouge!

Après une bonne couche de bouche-pores, ponçage et 2 couches de fondur au pistolet, on peut apprécier la beauté du bois.

 

On a dégrossi le manche à la fraiseuse. 20mm à la tête te 22mm près de la base.

Préparation du radius : on dégrossit les extrémités latérales à la rape. Ensuite, on attaque à la cale à radius 12 en vérifiant à l'oeil et avec un guide à radius.
Les frettes : ce sont des medium. Il a fallu cintré la tige rectiligne pour couper les frettes à la bonne largeur et déjà courbes.

 

Le 13 mars 2005

Devoir à domicile: pour ne pas perdre une séance complète à découper les repères de nacre, je les ai fait à la maison. Mon luthier m'a prêté sa scie à chantourner à main...mais j'ai vite constaté que je n'arriverais à rien. Alors, j'ai improvisé !

Voici tout ce qu'il ne faut pas faire!

- Travailler dans son salon (super poussière)
- Utiliser des outils qui ne sont pas conçus pour l'usage présenté
- Maintenir une foreuse qui tourne en continu avec un bête serre-joint
- Ne pas s'être documenté sur la dangerosité de la poussière de nacre

 

Vous pouvez apprécier la finesse du travail grâce à cette pièce de 1 cent. 3h30 de concentration qui en valaient bien la peine.

 

Le 26 mars 2005

Cinquième séance : haute en couleur!
Le fameux Sunburst!!! Juste comme je le voulais! Pour le réaliser, vernis cellulosique mélangé à 3 teintes de chez Stewart.
Première couche, le jaune! On vaporise au pistolet uniformément sur toute la surface. Avant sechage, passage du rouge sur l'extérieur des faces. Avant qu'elle ne soit sèche, passage du brun sur la tranche et l'extérieur des faces. Le vernis cellulosique permets un mélange des couche avant sechage, ce que le polyoréthane ne permet pas. Pour le résultat, je suis ravi! C'est exactement les teintes que je voulais!

Réalisation des défonces des repères au Dremel en s'aidant d'une sorte de gouache sèche qui ne rentre pas dans la fibre (la tache blanche autour du repère).

Le 05 avril 2005

Sixième séance : les finitions

On a passé les 2 dernières couches de vernis...magnifique ce sunburst.

Si pour le corps, je suis ravi...pour le manche c'est autre chose. Les incrustations de nacre paraissent impeccables sur la photo, mais ce n'est pas le cas. On voit toutes mes imperfections lors des défonces au Dremel. Pour la touche, ça passe...mais pour la tête, j'en suis vert!
Pour rajouter au désastre, les logements de frettes son 1mm trop profonds. Donc, on voit des vides sous CHAQUE frettes.


Le façonnage du galbe, lui, c'est très bien passé! La forme est assez réussie. Et le vernis passé dessus, lui donne un aspect joliment mat et très glissant.

Le 06 avril 2005

Septième séance : ça sent la fin

Perçage des cavités, placement des oeillets arrières, micros et chevalet. Et pour ce qui est du manche ponçage du vernis au 320g et laine d'acier + passage à la lime à 35° des arrêtes de frettes.


Le 07 avril 2005

Huitième séance : on rentre à la maison

Jonction corps/manche. Branchement de l'électronique.



Prochaine et dernière séance : changement du micro double qui manisfestement est défectueux + planification des frettes. En laissant 2 semaines de repos, le manche aura pu travailler un peu sous la tension des cordes. Sans cette planification : plusieurs cordes frisent et m'empêche d'en profiter plus qu'avec les yeux.

Le 30 mai 2005

Ta tête ne me revient pas : l'incrustation de nacre sur la tête était et peu précise et trop peu contrastée. Direction Bricomachin pour acheter une bombe de peinture noir et du vernis aquaréthane.
Aaaaaaaaaaaaaah, c'est beaucoup mieux


Août 2005

Conclusions : à bonne distance elle est magnifique. Malheureusement, le manche a manqué de soin et de précision : résultat frisottement des cordes, impossible à supprimer. Il me faudra me retrousser les manches pour défretter, boucher les trous avec de fines tranches de palissandre, rescier correctement, puis refretter. A ça, on ajoutera un changement de sillet qui me semble, avec ma modeste expérience, manquer de hauteur. Je ferai faire un bilan par un ami luthier professionnel très doué, avant de me lancer dans des travaux inutiles.


14 novembre 2006 (18mois après la dernière séance)

La délivrance: après cinq projets personnels, j'ai aiguisé mon œil et ma connaissance de l’instrument ! Et donc ai été à même de peaufiner le sillet et régler le chevalet et le Truss Rod pour supprimer toute « frisette » ! C’est pas trop tôt ! J'ai un peu honte...
Mais au moins, je n'ai pas dû refaire tout le manche comme j'y avais songé!